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 24 Août 2006 : Interview sur France Inter (A la Rochelle)

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MessageSujet: 24 Août 2006 : Interview sur France Inter (A la Rochelle)   Dim 8 Oct - 12:17

Interview sur France Inter

"En direct de La Rochelle"

Invitée de Question Directe ce matin sur France Inter, Ségolène ROYALE, présidente de la région Poitou-Charentes. Ségolène ROYAL bonjour !


Ségolène ROYAL
Bonjour !


Patrick BOYER
Vous êtes à pied d’œuvre, en direct de la Rochelle, dans les studios de nos amis de Poitou-Charentes. Alors d’abord Madame votre point de vue sur l’engagement militaire de la France au Liban, sujet sur lequel vous aviez été singulièrement peu diserte lors de votre discours de rentrée, dimanche à la Fête de la Rose. Le président de la République a pris hier une décision importante : envoyer 2.000 hommes sous Casques bleus, vous l’approuvez ?


Ségolène ROYAL
La France paraissait en retrait, alors qu’elle avait joué un rôle important dans l’adoption de la résolution concernant le renforcement de la FINUL et aujourd’hui avec cette décision qui prévoit non seulement l’envoi de 2.000 hommes, mais aussi la disponibilité du pays pour assurer le commandement de la FINUL – la France tient enfin son rang et ses promesses et j’allais dire, il était temps ! Parce que cette situation de retrait n’était pas comprise par la Communauté internationale.


Patrick BOYER
Donc vous approuvez maintenant le président, on prend un risque calculé, on envoie 2.000 hommes sous Casques bleus sur un terrain extrêmement difficile.


Ségolène ROYAL
C’est vrai, c’est vrai que c’est un devoir pour le chef des Armées de se préoccuper des conditions dans lesquelles sont engagées les forces armées, la définition précise de la mission. Les conditions d’usage du feu sont indispensables pour que nos soldats se trouvent dans des circonstances difficiles, en capacité de jouer tout leur rôle avec un maximum de sécurité. Chacun a en mémoire l’effroyable attentat du Drakkar en 1983, mais il est évident qu’il aurait été préférable que l’on se soucie de ces conditions au moment où la résolution était négociée plutôt que de donner pendant quelques jours cette impression de flottement. Mais aujourd’hui, je le répète, la France tient ses promesses et tient son rang et je crois que c’est une bonne chose !



Patrick BOYER
Alors à cinq semaines de la clôture des candidatures au PS, François HOLLANDE a surpris son monde hier, en envisageant sa propre candidature, fort de sa légitimité de premier secrétaire élu par les militants lors de quatre congrès. François HOLLANDE pourrait se présenter contre vous Madame ROYAL ?


Ségolène ROYAL
D’abord je voudrais dire que l’Université d’été de la Rochelle, c’est le rassemblement de 3.000 socialistes pour réfléchir et pour travailler sur le projet que nous venons d’adopter. Alors je comprends bien sûr que compte tenu de l’actualité, la question des candidatures à l’élection présidentielle occupe beaucoup les commentateurs. Mais moi je voudrais rappeler ce besoin de respect du débat et de la qualité du débat par rapport aux problèmes qui se posent aujourd’hui dans la France lors de cette rentrée. Et l’essentiel de nos débats va porter sur la question du pouvoir d’achat, on le sait, on le voit, on le vit. Je réunissais hier 21 présidents de régions et le problème auquel nous sommes confrontés, nous le vivons tous les jours. Nous voyons par exemple monter dans les lycées les demandes de fonds sociaux, c'est-à-dire que nous avons aujourd’hui des familles à revenus moyens qui basculent, petit à petit dans l’endettement et qui n’arrivent pas à faire face à des dépenses élémentaires, notamment les dépenses éducatives. Et quand j’entends le gouvernement annoncer une prime pour les étudiants qui va simplement toucher 80.000 étudiants, alors qu’ils sont plus de 2 millions et demi ! Je voudrais dire ici, que les présidents de régions hier, en faisant le point sur la façon dont nous aidions le pouvoir d’achat des Français, nous avons constaté que nous aidions 3 millions et demi de lycéens par la gratuité des livres scolaires. Que nous aidions 100.000 lycéens par l’achat de tous les matériels nécessaires dans les lycées professionnels. Que nous mettions en place pour les jeunes des moyens pour souvent prendre financièrement en charge par les régions les frais de caution qu’ils doivent verser pour se loger. Que dans la région Poitou-Charentes que je préside, nous payons le permis de conduire aux jeunes qui viennent de réussir le CAP, qui sont issus des familles populaires pour qu’ils puissent tout simplement aller au travail. Nous sommes également très soucieux sur les problèmes que rencontrent les Français concernant la hausse du coût de l’énergie. Ici, dans cette région, nous avons créé le TER à 1€, et nous avons été bien évidemment débordé par ce succès. Il y avait certains jours où il y avait 200, 300 personnes sur le quai ne pouvant prendre le train, parce que nous touchons du doigt l’émergence de besoins sociaux qui se traduisent par une régression du pouvoir d’achat et du niveau de vie. Et je crois qu’en cette rentrée c’est le problème principal et c’est de cela que les socialistes discutent à la Rochelle.



Patrick BOYER

Alors ce n’est pas négligeable, effectivement, ce débat, vous le comprenez bien est aussi porté par des responsables de niveau national au Parti socialiste dans la campagne qui s’ouvre. Je reviens donc à ma question initiale : François HOLLANDE hier dans le MONDE, pourrait-il se présenter contre vous devant les militants pour l’investiture ?


Ségolène ROYAL
Mais François HOLLANDE a redit ce qu’il a toujours dit, aujourd’hui le temps du dépôt des candidature n’est pas venu, c’est celui ou celle qui sera le mieux placé au moment du dépôt de ces candidatures pour gagner qui va rassembler. Moi, vous savez nous sommes en période de débats, les socialistes aiment beaucoup les débats. Mais le moment venu on sait qu’ils savent serrer les rangs, ils sauront se rassembler pour faire gagner la gauche.


Patrick BOYER
Alors on n’a plus que cinq semaines pour les dépôts de candidatures, vous nous confirmez que l’un ou l’autre de vous deux sera candidat ou les deux pourraient l’être devant les militants ?


Ségolène ROYAL
Mais vous savez, je pense qu’il ne faut pas gadgétiser, ni dégrader la politique. C’est vrai que les circonstances sont assez originales, ne le nions pas et en même temps nous sommes dans un enjeu qui concerne l’élection présidentielle – donc il faut garder le niveau du débat. C’est d’abord un débat autour du projet, c’est un débat autour d’une vision de la France et c’est un choix très important que les militants socialistes devront faire le moment venu. Et les socialistes devront se rassembler autour d’une candidature et les militants et notamment tous les nouveaux militants qui nous ont rejoints, nous étions hier à la Fédération de Charente-Maritime à la Rochelle autour de Maxime BONO, il y a 1.000 adhérents supplémentaires ici, dans ce département. Et les militants savent que leur choix va être très important, puisque 200.000 militants vont décider pour des millions d’électeurs qui sera le candidat qui va porter les couleurs de la gauche, qui va être le candidat du Parti socialiste, qui va être capable de rassembler toute la gauche dans sa diversité et qui sera capable de battre la droite au second tour de l’élection présidentielle pour changer, en profondeur ce qui se passe dans ce pays. Et notamment pour faire reculer les inégalités, pour construire une société beaucoup plus solidaire.


Patrick BOYER
Bien sûr, mais ce n’est pas médiocre et le débat ne l’est pas, de savoir si le premier secrétaire du PS peut ou non se présenter contre vous face aux militants. Une fois pour toute c’est envisageable ou non, ce sera l’un ou l’autre d’entre vous ?


Ségolène ROYAL
Je vous ai répondu sur cette question là.


Patrick BOYER
Bon, très bien, est-ce que vous avez été sensible aux déclarations de Laurent FABIUS, qui tout de suite après votre intervention à Frangy-en-Bresse a dit : j’en ai assez des généralités, moi je propose des choses concrètes. Par exemple le SMIC à 100 euros (sic) tout de suite, la fin des stock options, est-ce que vous sentez cette insatisfaction monter chez les cadres du parti qui voudraient des choses plus précises de votre part ?


Ségolène ROYAL
Mais les choses précises nous les avons, nous avons le projet du Parti socialiste et ce sera dans la campagne électorale proprement dite, c'est-à-dire dans le dialogue avec les Français que les choses pourront se préciser. Ce que je crois c’est qu’il est important aussi de définir les valeurs au nom desquelles, les responsables politiques décident. Parce que les Français veulent comprendre dans quel sens va la société et quelle vision nous avons de l’avenir de la France. Et donc, je crois qu’il n’est pas incompatible de développer un certain nombre de valeurs fondamentales et en même temps de les décliner sous forme de mesures concrètes. Mais les mesures concrètes, vous savez nous sommes tous les jours à la tâche, je suis tous les jours à la tâche, je le disais tout à l’heure, en tant que présidente de région. Sur l’emploi, sur la formation professionnelle qui est un défi majeur de notre temps, sur la question de l’éducation et sur la façon dont nous renforçons l’égalité éducative dans le pays. Et donc je crois que la liberté de chacun, la liberté de parole de chacun est tout à fait respectable. Moi, vous l’aurez observé, je ne critique aucun autre socialiste. Je pense que les critiques entre socialistes font beaucoup de mal au Parti socialiste et rendent les militants malheureux. Donc, ne comptez pas sur moi pour dire quel que soit, quelque chose de désagréable sur qui que ce soit.


Patrick BOYER
Non, non bien sûr, mais il est impressionnant par exemple d’entendre l’ancien Premier ministre, Lionel JOSPIN dire…s’interroger par exemple à Santander cette semaine sur la légitimité des candidats socialistes. Pour lui, la question du leadership pour la présidentielle n’a pas été réglée.


Ségolène ROYAL
Je n’écoute pas les choses désagréables, je vous le redis à l’instant, je crois que ce qui est important c’est d’avancer, d’être au clair sur les motivations qui sont les siennes, de rassembler les socialistes, de les rassurer sur le fait que les dirigeants sauront se rassembler le moment venu pour qu’ils puissent décider le meilleur ou la meilleure d’entre nous. Je crois que la légitimité politique, elle vient au Parti socialiste du vote des militants et la légitimité politique dans le pays elle vient du vote des électeurs. C’est le principe de base de la démocratie, maintenant je crois que tous les talents, anciens ou nouveaux ont utiles et seront utiles. Moi ma seule obsession c’est le rassemblement.


Patrick BOYER
Tous les talents anciens, est-ce que l’on peut imaginer, c’est finalement la dernière inconnue au PS, que Lionel JOSPIN se déclare, est-ce qu’il pourrait rebattre les cartes en fait au Parti socialiste ?


Ségolène ROYAL
Ecoutez, je viens de le dire à l’instant, je crois que tous les talents sont utiles, moi je ne veux rien dire de désagréable sur qui que ce soit. Notre principal adversaire c’est la droite, notre principal adversaire c’est la montée de la précarité dans le pays. Notre principal adversaire c’est la montée des inégalités, notre principal adversaire c’est la pauvreté de certains salariés, qui bien que travaillant sont qualifiés de travailleurs pauvres et ça c’est un vrai scandale dans la France contemporaine. Notre principal adversaire c’est une injuste répartition des fruits de la croissance et là, nous exigeons une conférence salariale avec les organisations syndicales pour rétablir un autre rapport de force qui permettra de partager les fruits de la croissance entre le travail et le capital, en favorisant le travail. Notre principal adversaire ce sont les milliers d’enfants qui ne sont pas partis en vacances, c’est la pauvreté, c’est la précarité et c’est surtout aussi l’aspiration de millions d’hommes et de femmes qui ont du talent et qui ont envie que la France avance et qui ont le sentiment parce que l’Etat fonctionne mal aujourd’hui et qu’il va falloir le faire bien fonctionner – c’est ça l’enjeu de l’élection présidentielle ! C’est assurer un bon fonctionnement de la puissance publique pour qu’un euro dépensé soit un euro utile. Pour que les problèmes soient rapidement réglés, pour que les Français aient le sentiment que la France avance vers un chemin où la société sera beaucoup plus solidaire. Pour que la France tienne son rang sur la scène internationale et contribue au rétablissement de la paix, pour que l’Europe se lève, enfin, comme disait François MITTERRAND. Donc cet enjeu là, c’est l’enjeu majeur qui doit nous mobiliser tout entier et c’est cet espoir que nourrissent les militants socialistes parce qu’ils savent que si nous savons élever au sein du Parti socialiste le débat politique à son niveau le plus haut, alors les Français nous ferons confiance pour que cela change en profondeur dans la France qui a besoin, vraiment besoin de ce changement.


Patrick BOYER

Ségolène ROYAL en direct de la Rochelle, merci.



Sources : http://www.desirsdavenir.org

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