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 20 Août 2006 : Discours de la Fête de la Rose de Frangy

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MessageSujet: 20 Août 2006 : Discours de la Fête de la Rose de Frangy   Dim 8 Oct - 12:07

Discours pronnoncé lors de la Fête de la Rose de Frangy en Bresse

20 août 2006



Bonjour à toutes et à tous. Quel bonheur de vous voir aussi nombreux, rassemblés à Frangy ! Votre présence est un trésor qui ne me donne que des devoirs et aucun droit. En vous voyant, je me dis que ma première responsabilité, c’est tout simplement d’être à la hauteur de ce que vous êtes, de votre énergie, de votre générosité, de votre patience aussi. Je salue tous les élus de cette belle région de Bourgogne, qui sont présents aujourd’hui. Et toutes celles et tous ceux venus de plus loin, des régions voisines et même d’autres plus éloignées.

Nous avons été touchés, cher Arnaud, par ton évocation éloquente, à l’instant, des désordres économiques qui affaiblissent la République et exaspèrent les Français. Les ravages sociaux et le gâchis humain qui en résultent sont le produit de la brutalité de la droite, de son inertie quand il faudrait agir et de sa confiscation du pouvoir contre lesquelles nous nous apprêtons à mener une bataille décisive. Oui, il faut battre la droite ! Il faut la battre non pas pour nous mais pour redresser le pays et pour donner à chacun, à chacune, le droit et la possibilité effective de construire dignement sa vie et le bonheur des siens, de transmettre à ses enfants et, plus largement, à la génération suivante des valeurs et des moyens de conduire sa vie qui permettront aux jeunes d’aujourd’hui de transmettre à leur tour, le moment venu, à la génération d’après. C’est là le fond, la raison même de l’action politique, dont tout le reste découle. Nous croyons, nous socialistes, que pour repartir vers le haut, la France a besoin de tous les siens, de tous ses talents, de toutes ses énergies. Nous croyons aussi, nous socialistes, qu’il est temps de partager avec les citoyens les décisions qui engagent leur avenir.

Deux visions de la France et deux conceptions opposées de l’exercice du pouvoir seront, dans huit mois, l’enjeu de l’élection présidentielle. C’est de cela que je voudrais aujourd’hui vous parler.

Mais permettez-moi d’abord de vous dire combien je suis heureuse de prendre part à ce moment d’amitié et de fraternité que sont les retrouvailles annuelles de Frangy, dans cette ambiance chaleureuse où se mêlent les Bressans et ceux venus d’ailleurs, les militants et les sympathisants socialistes, des membres des Comités locaux Désirs d’Avenir, des hommes et des femmes de gauche mais aussi des citoyens qui n’ont pas encore fait leur choix, qui peut-être ne savent pas s’ils sont à gauche ou à droite, comme on le dit de beaucoup de Français, et qui regardent, qui écoutent, qui observent. Mais tous, si vous êtes là aujourd’hui, c’est que vous pensez qu’une autre France est possible, une autre France que celle du déclin, des inégalités et du gaspillage humain. Ici, à Frangy, je vous le dis : oui, une autre France est possible !

La Fête de la Rose de Frangy est de longue date un événement politique qui intéresse bien au-delà de la vallée de la Saône. La presse est là en nombre. Pardon pour les bousculades qui en ont résulté tout à l’heure mais les journalistes sont, dans l’exercice de leur métier, des partenaires nécessaires du débat démocratique. Je salue aussi en votre nom la presse internationale dont la présence nous rappelle que l’on s’intéresse, hors de nos frontières, à ce qui va se passer chez nous. Ces bousculades – pourquoi ne pas l’avouer ? – montrent que le vaste mouvement d’aujourd’hui nous a un peu pris de court. Il nous comble mais notre organisation est encore un peu artisanale et c’est d’ailleurs ce qui fait son charme.

Vous savez, Monsieur le Maire, que nous avons installé pour la journée un Internet à haut débit, afin que la presse puisse travailler. Au nom des petites communes rurales, de leur lutte contre la désertification des territoires et pour le droit d’accéder aux nouvelles technologies, je voudrais vous dire, Monsieur le Maire : lorsque la fête sera finie, fermez bien les locaux, fermez bien la mairie et cet Internet à haut débit, gardez-le !

A l’heure où je vous parle, je ressens que la campagne qui s’annonce, cette campagne qui n’a pas encore démarré, nous la voulons belle, ardente et portée par un fort désir d’avenir. Ici, aujourd’hui, je sens en vous cette énergie.

Les Fêtes de la Rose, pour nous socialistes, sont un peu nos fêtes de famille. Une famille qui, cette année, se réjouit d’accueillir beaucoup de nouveaux adhérents : c’est un signe de vitalité et la preuve d’une volonté de peser sur les choix importants qui nous incombent. La famille socialiste est riche de tous ses nouveaux adhérents et de toutes ses générations de militants. C’est une famille moderne au sens où l’on y trouve toutes sortes de sensibilités, de personnalités, d’affinités. Notre combat s’inscrit dans la longue durée de l’histoire socialiste et de ses luttes contre les inégalités. C’est pourquoi nous savons que nous avons aussi, à chaque génération, l’obligation d’en actualiser l’héritage dans le temps qui est le nôtre. Dans la fidélité à nos valeurs mais sans craindre d’innover, d’inventer, d’imaginer. C’est à cela que je vous invite.

La première fois que je suis venue à Frangy, on le rappelait tout à l’heure, c’était en 1993, au lendemain d’une douloureuse défaite qui nous laissa bien peu nombreux sur les bancs de gauche à l’Assemblée nationale. Nous serrions alors les rangs dans l’adversité. Aujourd’hui, je n’en doute pas, c’est portés par la volonté de gagner que nous nous retrouvons en terre bressane, dans cette Bourgogne que François Mitterrand aimait tant.

Comment, ici, ne pas penser à lui ? A son enracinement et à sa fidélité au Morvan. A la force qu’il y puisa. A son dernier désir qu’un peu de terre bourguignonne se mêle, sur sa tombe, à celle de Jarnac, en Charente, dans la Région que je préside. Je me souviens de cette leçon de lucidité et de ténacité qu’il nous donna lors du dernier Conseil des Ministres auquel je participais, en 1993, comme Ministre de l’Environnement. La gauche avait perdu les élections législatives. Un gouvernement de droite était en formation. Nous étions entre les deux tours. Voici ce que nous dit François Mitterrand : « Vous allez devoir reconstituer un noyau cohérent, vigoureux, sans querelles, ne craignant pas les obstacles, acceptant les sacrifices, renonçant aux joies paisibles d’une vie tranquille ». Il avait ajouté : « Je n’en ai plus pour longtemps. J’aimerais bien voir l’Europe se lever. Et pour la gauche, faudra-t-il une génération ? Ce n’est pas sûr. Vous avez une grande et belle cause à défendre, et dites-vous bien qu’elle est meilleure que nous tous. En face, c’est une loi de la société qui veut que ceux qui possèdent veulent toujours posséder plus. Pour imposer des lois d’équité, il faut des révolutions ». Cette belle et forte leçon vaut pour les temps actuels.

Aujourd’hui encore, j’en tire ma force comme j’y ai puisé l’énergie des batailles électorales que nous avons conduites et gagnées. Je revendique cette lignée mitterrandienne et j’en suis fière. Je suis heureuse d’avoir à Frangy l’occasion de vous dire combien, pour moi, cet héritage compte mais aussi ma manière de le revisiter, de l’actualiser à la lumière de tout ce qui, depuis 1993, a changé dans notre pays et dans notre monde.

Comme souvent, les paroles de François Mitterrand allaient droit à l’essentiel. Ce que nous devons en retenir ? D’abord le devoir d’unité : sans elle, rien n’est possible. Le courage requis pour une cause qui nous dépasse. Et la nécessité de révolutions, au sens de changements profonds, pour que la justice l’emporte sur les égoïsmes et les routines.

C’est la feuille de route que je vous propose car ces valeurs claires restent un guide pour l’action.

C’est ainsi que je conçois l’exercice de la responsabilité politique et le rôle d’un Chef de l’Etat.

Pour mener la bataille de l’avenir, nous avons le devoir d’assurer l’unité des socialistes et le rassemblement de la gauche dans le respect de sa diversité. Les socialistes semblent souvent rechigner à faire bloc mais ils finissent toujours par serrer les rangs. C’est pourquoi je crois qu’il faut prendre avec philosophie les débats qui nous animent. Car, au fond, ce qui nous rassemble est bien plus fort que ce qui nous sépare sur tel ou tel sujet. Et nous savons bien que, pour convaincre et entraîner les Français, nous devons commencer par regrouper nos propres forces.
Ici, à Frangy, ce rassemblement est palpable.
Je sens votre espérance.
Je sens votre ferveur.
Je sens notre force collective.
A nous de la faire croître afin que nous soyons en mesure, demain, de retirer la France vers le haut et, avec d’autres, de construire l’Europe par la preuve et de bâtir un monde plus juste. A nous de faire prévaloir, en somme, cet ordre social juste rendant possible la construction, tant attendue, des sécurités durables qui permettront à chacun d’affronter sereinement les changements. Car il n’est pas supportable que ce soit toujours les mêmes qui en soient victimes, toujours les mêmes qui subissent, et toujours les mêmes qui s’en sortent, toujours les mêmes qui en profitent.



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MessageSujet: Re: 20 Août 2006 : Discours de la Fête de la Rose de Frangy   Dim 8 Oct - 12:08

Là est la tâche de la gauche qui, comme le disait Léon Blum, sait que les besoins des uns sont solidaires de ceux des autres, que personne ne peut se sauver seul car les droits de chaque individu sont solidaires des droits de tous. Regardez la France, regardez la planète : jamais ces principes n’ont été aussi vrais.

Au bout du compte, quelle est l’aspiration de tout être humain et quel est le sens de la politique ?

I.- Construire sa vie et le bonheur des siens.

Je vous l’ai dit : pour moi, l’action politique doit permettre à chacun de construire librement sa vie, de la choisir et de la maîtriser, et de construire le bonheur des siens, de transmettre à ses enfants les valeurs et le bagage pour réussir. C’est la conquête de ce droit élémentaire, pour chacun et pour chacune, qui justifie d’abord notre combat politique.

Dans la France d’aujourd’hui, les uns maîtrisent leur destin et sont assurés de l’avenir - le leur et celui de leurs enfants - alors que les autres, tenaillés par la précarité, sont privés de cette possibilité ou craignent de la perdre. Là se trouvent le clivage le plus profond et l’inégalité la plus criante à laquelle nous devons répondre.

Pour la droite, cette inégalité est « inévitable » car elle résulterait d’un mécanisme quasi-naturel de sélection, économiquement justifié, qui trie les gagnants et les perdants, avec quelques exceptions qui font illusion, et assurerait le dynamisme de la société. Nous en connaissons le résultat : une société de ghettos dans laquelle ceux qui ne vivent pas de la même façon s’évitent et s’ignorent. Ils ont d’autant moins d’occasions de se rencontrer que la suppression du service national a fait disparaître le dernier endroit où des Français de toutes origines sociales et géographiques pouvaient se découvrir et se parler. Aujourd’hui, dans notre pays, des murs sont dressés qui mettent de plus en plus les uns à distance des autres. Il va falloir abattre ces murs et construire des ponts.

La droite veut faire croire que la gauche propose une société d’assistanat.
Mais la gauche, ce n’est pas l’assistanat ! C’est tout le contraire ! La gauche, c’est créer et garantir les conditions nécessaires pour que chacun ait, à égalité, les moyens et la possibilité d’assumer sa responsabilité et de construire librement sa vie. La responsabilité individuelle et la récompense de l’effort ne sont pas des valeurs conservatrices. Ce sont des valeurs progressistes et je les revendique pour les socialistes, dès lors que les réformes, c’est-à-dire l’action politique vigoureuse, permettent d’en créer pour tous les conditions, au premier rang desquelles, l’éducation, la formation professionnelle et l’accès à la culture. Ce combat pour l’égalité réelle est permanent : il suppose beaucoup de détermination, de constance, de lucidité pour déboucher sur de vrais résultats. C’est en assumant à notre façon ces valeurs trop souvent délaissées par la gauche que nous reconstruirons la valeur travail.

II.- Reconstruire la valeur travail

La bataille pour le plein emploi, la lutte contre la précarité, la dignité du métier et la sécurité du salaire sont au cœur du projet socialiste. Tout le reste en dépend. On sait que des parents en situation précaire, c’est toute une famille déstabilisée. On sait que l’insécurité du salaire et de l’emploi, c’est plus de difficultés pour transmettre à ses enfants le goût et le sens de l’effort scolaire. Tout se tient : emploi, sécurités, famille, école. Quand un maillon vient à manquer, c’est toute la chaîne qui est fragilisée.

La conviction profonde que nous portons, c’est que la motivation au travail et l’efficacité économique exigent des salariés bien formés et bien payés, respectés et protégés, assurés de la dignité de leur métier et de la sécurité de leur revenu, et certainement pas l’inverse ! C’est cela défendre la valeur travail. Entre 1997 et 2002, nous avons fait beaucoup pour l’emploi et le travail. Demain, nous devrons reprendre et amplifier une action publique abandonnée par la droite qui se borne à afficher des statistiques trompeuses sur la baisse du chômage.

J’ai entendu, à l’Assemblée nationale, des députés de droite affirmer qu’à cause de la gauche et des 35 heures, les Français seraient fâchés avec le travail et les chômeurs confortablement installés dans leurs revenus d’assistance. Il n’en est rien !

Je voudrais rappeler ici à quel point ce sont la droite et les forces libérales qui détruisent la valeur du travail.

Qui trouve normal qu’on licencie pour doper le cours en Bourse des actions ? C’est la droite !
Qui réduit la compétitivité à l’écrasement des salaires et qui réclame un SMIC au rabais ? C’est la droite !
Qui considère les hommes et les femmes au travail comme de simples variables d’ajustement ? C’est la droite !
Qui confond la modernité avec la brutalité du capitalisme du 19ème siècle ? C’est la droite !
Qui met sur Internet les emplois aux enchères et les adjuge à qui accepte le salaire le plus bas ? C’est la droite !
Qui trouve normal qu’un haut dirigeant gagne en une année ce qu’un salarié moyen ne gagnera jamais en toute sa vie ? C’est la droite !
Qui accepte que la France soit la lanterne rouge de la santé et de la sécurité au travail ? C’est la droite !
Qui proclame que la liberté s’arrête là où commence le Code du Travail ? C’est la droite !

Oui, c’est la droite qui précarise à tout va, à coups de CNE, de CDD, d’intérim et de temps partiel contraint, ce triste privilège subi massivement par les femmes.
C’est la droite qui ne laisse comme choix à beaucoup de jeunes que la galère ou l’expatriation.
C’est la droite qui fait exploser le nombre des travailleurs pauvres. Vous vous rendez compte de ce que signifie cette expression : « travailleurs pauvres » ? On travaille et pourtant on ne peut même pas vivre normalement, élever dignement ses enfants, parfois même se loger, quand on fait partie de ces « travailleurs pauvres » qui sont, à 80 %, des travailleuses pauvres.
C’est la droite qui écrase le pouvoir d’achat, laisse s’envoler les factures, le coût du logement et celui des transports, plongeant un nombre croissant de familles dans l’angoisse des fins de mois.

Voilà qui sont les vrais destructeurs du travail !

Ne nous laissons pas abuser : les Français ne sont pas fâchés avec la valeur du travail mais ils sont profondément insatisfaits des conditions dans lesquelles ils travaillent. Le manque de dialogue et l’impression de ne pas compter pour grand chose tout en devant donner beaucoup ruinent la motivation. La France doit sortir de l’archaïsme de ses relations sociales ! Nous sommes un pays très en retard dans ce domaine et, de tous les pays européens, celui où les salariés se disent les plus mécontents de leur vie au travail. J’ai vu en Suède un autre état d’esprit et des pratiques bien différentes grâce, en particulier, à un syndicalisme de masse : dans l’Europe du Nord, plus de 80% des salariés sont syndiqués contre seulement 8% en France. Il va falloir créer chez nous un syndicalisme de masse pour rétablir le rapport de forces, aujourd’hui totalement déséquilibré, entre les dirigeants et les salariés. C’est l’intérêt bien compris du pays car un syndicalisme de masse oblige à la négociation collective et à la prise en compte de l’intérêt général par les dirigeants des entreprises. C’est dans les pays où les taux de syndicalisation sont les plus élevés qu’il y a le moins de licenciements collectifs et qu’il est moins nécessaire de recourir à la grève pour être entendus. Il va falloir qu’en France nous développions, grâce à un dialogue social efficace et à la force des organisations syndicales, une capacité collective d’anticipation, d’orientation et d’accompagnement des mutations économiques qui ne laisse personne sur le bord du chemin. Oui, des entreprises qui fonctionnent bien, dans l’intérêt du pays et en respectant leur salariés, c’est possible en France aussi et nous le ferons !

Les Français ne veulent pas de cette société du précariat et de l’insécurité sociale. Ils en ont assez de devoir s’endetter pour boucler leurs fins de mois. Ils refusent que l’Etat, garant du pacte social, manque à ses devoirs de protection. Ils s’inquiètent des incertitudes qui pèsent sur l’avenir de leurs enfants. Quand le lien social se délite, c’est la Nation qui se fragilise.

La France ne veut plus de l’arrogance de gouvernement et du règne de l’argent-roi. Je veux construire avec vous la République du respect, tant attendue. Celle de l’égalité de traitement, pas des passe-droit et des privilèges. Celle où l’Etat fonctionne bien, efficace et adapté aux risques d’aujourd’hui. Celle qui conduira de vraies réformes parce qu’elles seront justes et élaborées démocratiquement.

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MessageSujet: Re: 20 Août 2006 : Discours de la Fête de la Rose de Frangy   Dim 8 Oct - 12:09

III.- Bâtir l’Europe par la preuve

L’Europe doit se relever.
Quels qu’aient été nos votes lors du referendum sur le traité constitutionnel, nos raisons, s’agissant de l’Europe, étaient voisines : nous voulions, les uns et les autres, une Europe plus concrète, plus protectrice, plus citoyenne, plus sociale et plus politique.

De l’Europe que nous voulons à l’Europe telle qu’elle est, nous mesurons la distance et le travail qu’il reste à faire mais c’est le rôle de l’idéal que d’aider à transformer le réel.

La France a besoin d’une Europe qui pèse dans la mondialisation.

Si la France, à partir de 2007, est présidée à gauche, la tâche du Chef de l’Etat sera de s’impliquer activement pour la relance d’une Europe qui favorise la croissance et l’emploi, qui soit capable de se doter d’une véritable politique étrangère (on en mesure ces jours-ci la faiblesse), qui dispose d’un budget permettant réellement de préparer l’avenir. Notre horizon, c’est l’Europe sociale, l’Europe politique et l’Europe de l’environnement.

Il n’est évidemment pas question, pour les socialistes, de soumettre à nouveau à la ratification un traité constitutionnel que le peuple français a rejeté. Notre projet prévoit de proposer l’élaboration d’un texte court, visant seulement à mieux organiser, démocratiser et responsabiliser les instances européennes. Il devra bien sûr, une fois négocié, être soumis à l’approbation du peuple.

Je vois, pour ma part, deux chantiers majeurs pour amorcer cette « Europe par la preuve » : l’environnement et la recherche. On l’a vu encore cet été avec les dérèglements climatiques : comment peut-on continuer à accepter que l’Europe ne respecte pas ses obligations inscrites dans le protocole de Kyoto ? Comment ne pas voir que c’est en unissant nos compétences et nos forces que nous pourrons préparer le plus rapidement possible l’après-pétrole et le passage aux énergies renouvelables ?
Comment ne pas voir que, dans tous les pays européens, nous sommes confrontés aux mêmes problèmes de santé, souvent liés d’ailleurs à la dégradation de l’environnement ? Comment ne pas voir la crise avicole, les menaces sur la qualité et la sécurité alimentaires, les risques sanitaires qui en résultent ? Comment tolérer que, dans nos pays développés, une femme sur dix soit désormais frappée par le cancer du sein ? Et nous n’aurions pas la capacité, avec nos chercheurs et nos équipes de médecins, de mettre en commun nos moyens pour combattre les dangers qui pèsent sur notre environnement, pour faire reculer ces maladies souvent directement liées à la présence de pesticides dans l’alimentation ? Mais si, nous en avons la capacité ! Et c’est cela que les citoyens d’Europe attendent de leur dirigeants : des réponses concrètes, des solutions opérationnelles à des problèmes qui les touchent directement et que nous avons la responsabilité de traiter pour nos contemporains et pour les générations futures.

Personne ne pourra dire que l’on ne savait pas lorsque, dans cinquante ans, éclateront des guerres pour la maîtrise de l’accès à l’eau potable. Parce que nous savons, nous n’avons aucune excuse pour ne pas agir, notamment contre le réchauffement de la planète. Nous avons les intelligences techniques et le potentiel de recherche nécessaires. Nous pouvons changer nos comportements citoyens, produire autrement, nous déplacer autrement, habiter autrement et relever ce défi. Nous avons une responsabilité d’autant plus grande que l’Europe dispose de beaucoup de moyens scientifiques et que l’on sait à quel point le réchauffement climatique creuse encore les écarts et les inégalités entre les pays : ceux qui souffrent déjà de la chaleur et de la sécheresse vont souffrir encore davantage. Et si nous n’y prenons pas garde, ces problèmes d’environnement seront demain des menaces supplémentaires pour la sécurité du monde. Voilà à quoi doit répondre l’Europe et nous y répondrons. Car tout se tient là aussi.

IV.- Restaurer la crédibilité de la France dans le monde

Le monde actuel est instable et dangereux.
La fin de la guerre froide ne l’a pas pacifié.
La guerre du Liban et les menaces terroristes nous le rappellent.
La recrudescence des inégalités nourrit le ressentiment, les haines nationalistes et les fièvres identitaires attisent bien des brasiers.
Les guerres préventives aggravent les problèmes qu’elles prétendent traiter.
Il n’y a plus que Bush pour penser que le monde est plus sûr depuis l’occupation de l’Irak. Et le conflit au Liban vient de confirmer l’expérience d’une certaine impuissance de la force.

Dans ce monde-là, la France n’a pas le droit de jouer un rôle effacé.
Elle est membre permanent du Conseil de Sécurité.
Sa géographie et son histoire la mettent au contact de l’Afrique, de l’Asie et du Moyen-Orient, d’où viennent certes des menaces mais aussi de solides amitiés, des attentes fortes et un formidable potentiel de développement.

Dans ce monde-là, ni la peur ni le simplisme comme la théorie de « l’axe du Mal » ne sont bons conseillers. Raison de plus pour être réalistes mais créatifs, pour faire preuve de sang-froid et préférer le pouvoir de convaincre à l’étalage de l’arrogance. Regardons où sont les chances de notre pays, quels droits déniés nous pouvons utilement défendre, quelle contribution efficace nous pouvons apporter à la résolution de certains conflits. Ne nous résignons pas à une certaine impuissance de l’Europe qui, loin de renforcer la France, l’affaiblit mais assumons aussi, si nous voulons être crédibles, notre part de responsabilité.

La France doit le dire haut et fort : le premier facteur de déstabilisation du monde, c’est la misère, ce sont les inégalités qui se creusent, c’est l’humiliation de ceux qui sont bafoués ; c’est d’abord cela qui pousse à la violence et permet toutes les manipulations.

Pour être entendue, la France doit commencer par respecter ses obligations et mettre ses actes en conformité avec ses paroles. Or un classement international publié il y a huit jours place la France au 18ème rang sur 21 pays riches en matière d’aide au développement, ce qui constitue un recul. Est-ce que cela ne nous fait pas honte ? Si, cela nous fait honte. Non seulement l’aide que nous apportons aux pays pauvres est parmi les plus faibles mais elle va à des pays peu démocratiques et la France est qualifiée de particulièrement performante pour… la vente d’armes aux dictatures. Oui, cela nous fait honte et nous devrons le changer si nous voulons être crédibles.

Trop longtemps la politique étrangère et la politique d’aide au développement ont été confisquées par quelques experts. Il faudra de la transparence, il faudra débattre publiquement de ces questions car les Français ont le droit de savoir et de participer aux décisions qui les concernent. Quelle crédibilité peut avoir un pays démocratique pour négocier la régulation des flux migratoires qui résultent de la misère s’il ne remplit pas ses obligations en matière de co-développement ?

Voilà pourquoi il faudra revoir de fond en comble notre politique d’aide au développement et en débattre avec tous les Français car ces choix les concernent. Ils ont le droit de savoir où va cet argent, comment il est utilisé, avec quelles garanties contre les gaspillages, contre la corruption et contre le détournement des aides. Il faudra aussi cesser de plaquer sur les autres pays des modèles de développement dépassés dont nous ne voulons plus chez nous. Pourquoi, par exemple, l’énergie solaire est-elle si peu utilisée au Sud ? Au nom de quoi imposer des modèles basés sur les énergies fossiles alors que ces pays pauvres ont une énergie gratuite ? Le co-développement doit respecter le potentiel de ces régions et associer directement les populations concernées, en s’appuyant en particulier sur les femmes qui, dans certains pays, accomplissent 90% du travail de la terre mais n’ont droit qu’à 5% des crédits bancaires. Comment peuvent-elles se débrouiller ? Il faudra favoriser les micro-crédits, les partenariats directs, les circuits courts et leur contrôle, pour que l’argent aille là où il est bien utilisé, là où il est utile pour construire des écoles, pour réaliser des adduction d’eau, pour doter les villages et les familles d’équipements comme les réchauds fonctionnant à l’énergie solaire qui permettent de faire reculer la déforestation qui aggrave la sécheresse et la pauvreté.

Oui, pour nous, à gauche, elle est là l’utopie réalisable de ce siècle : que les pays pauvres et notamment ceux d’Afrique sortent de la misère grâce à un co-développement mieux pensé, plus solidaire et plus efficace. C’est là que se situe la vraie réponse au problème des migrations de la misère. C’est là qu’il faut remettre de la morale universelle.

Or voyez ce que qu’organise le ministre de l’Intérieur : « l’immigration choisie ». Mais qu’est-ce que cela veut dire ? On irait piller les cerveaux des anciennes colonies françaises après avoir pillé pendant des années et des années leurs matières premières ? Ce n’est pas acceptable. L’intérêt de ces pays et le nôtre, c’est un co-développement fondé sur le respect de ce qu’ils sont, de leurs savoir faire, et sur le respect de nos obligations. C’est ainsi que nous pourrons négocier sereinement avec eux une politique de régulation des migrations internationales.

Enfin, pour réaliser ce que je viens d’esquisser dans quelques domaines, il nous faudra accomplir une révolution démocratique et mettre en place une nouvelle République.
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MessageSujet: Re: 20 Août 2006 : Discours de la Fête de la Rose de Frangy   Dim 8 Oct - 12:10

V.- Révolution démocratique et nouvelle République

La République fonctionne mal, c’est l’évidence.
L’intérêt général s’efface dans la confusion et l’irresponsabilité des pouvoirs.
Le débat démocratique est confisqué (on vient encore d’en avoir un exemple avec la politique étrangère).
Les promesses électorales sont oubliées.
Le dialogue social est archaïque.
La décentralisation a été dévoyée.
Le sens de la plus élémentaire humanité est perdu dans des expulsions à grand spectacle.
Notre justice est ébranlée.

L’Etat perd sa crédibilité car le gouvernement actuel, tout à son agitation fébrile, n’a plus de boussole. Il fait adopter une nouvelle loi sur l’immigration deux ans après celle qu’il a déjà fait voter. Il décide, malgré sa promesse formelle au Parlement, la privatisation de Gaz de France. Il expulse des enfants qui veulent apprendre à l’école mais laisse filer la délinquance de masse sans s’attaquer à ses causes profondes.

Comment s’étonner que, dans ces conditions, le lien de confiance soit dramatiquement affaibli ? Toutes les élections et toutes les enquêtes d’opinion de ces dernières années délivrent obstinément le même message : les Français ne se sentent ni écoutés ni entendus ni compris. Ils ne sont pas devenus indifférents à la politique mais ils veulent une démocratie qui fonctionne mieux et avec eux, dans laquelle chacun se sente respecté.

Ce que je vous propose, c’est une véritable révolution démocratique pour construire ensemble la République du respect.

Le projet des socialistes propose aux Français une « nouvelle République » qui s’appuie à la fois :


1. sur une démocratie représentative forte d’un Parlement qui fonctionne mieux et joue vraiment son rôle

2. et sur une démocratie participative qui donne plus souvent et réellement la parole aux citoyens.


Cela passe par une plus juste représentation des Françaises et des Français dans la diversité de leurs origines sociales et géographiques, par le respect la parité, par le non-cumul des mandats, par un système où la responsabilité soit la règle (à commencer par celle du Chef de l’Etat) et où le Parlement ait un réel pouvoir d’impulsion et de contrôle du gouvernement. Cela suppose aussi que les parlementaires soient bien présents à l’Assemblée nationale, raison pour laquelle le non-cumul des mandats est nécessaire.

Cela passe aussi par une démocratie participative qui élargira la consultation des citoyens, leur pouvoir d’initiative et de décision, notamment par referendum d’initiative populaire et par ce referendum que nous organiserons, Arnaud l’a évoqué, pour mettre en place une grande réforme institutionnelle.

Je crois à la capacité d’expertise des citoyens. Certains se sont moqués de cette idée de « citoyens experts » mais je suis convaincue que chacun d’entre nous est le mieux à même de connaître et d’exprimer ses problèmes, ses attentes et ses espérances, sans pour autant se fermer au point de vue de l’autre. Si beaucoup de Français s’abstiennent, ce n’est pas de gaieté de cœur ou par indifférence, c’est parce qu’ils se sentent tenus à l’écart et n’ont plus le sentiment de pouvoir influer. Pour avoir envie de s’impliquer, il faut que la prise de parole ait des chances de peser. De plus en plus, nous ne reconnaissons de réelle légitimité qu’aux décisions auxquelles nous avons été associés.

C’est cela, la démocratie participative : écouter pour agir juste, construire ensemble de meilleures décisions et rendre des comptes. Plus les gens y seront associés, plus les réformes seront solides. C’est ainsi que le cap pourra être tenu.

C’est un choix politique : celui de combattre le sentiment d’impuissance qui mine la démocratie et de partager plus largement les décisions pour améliorer l’action publique. Car nous avons tous soif de considération, soif de maîtrise personnelle de nos existences, soif d’efficacité collective et de résultats sans gaspillages ni lenteurs.

Des institutions de la République qui exercent la plénitude de leurs attributions avec l’aide de citoyens qui ne soient plus exclus d’une histoire qui est la leur : c’est cela aussi la juste autorité de l’Etat.

Ce que je vous propose, ce n’est pas une politique au rabais, sorte de gouvernance aseptisée réduite à la simple gestion à la marge du désordre des choses. C’est de mieux partager l’exercice du pouvoir pour que la France saisisse toutes ses chances en assumant cette « passion de l’égalité » qui est la sienne.

Ce que je vous propose, c’est une révolution démocratique fondée :


1. sur l’intelligence collective des citoyens ;

2. sur une vraie décentralisation qui identifie les responsabilités et rende l’Etat plus efficace ; « décentralisation », le mot a été bien usé et bien galvaudé mais nous le réhabiliterons en lui donnant tout son sens qui affirme l’intelligence des territoires ;

3. sur une démocratie sociale dans l’entreprise qui permette, enfin, de moderniser les relations sociales.


Seul le respect créé la confiance. Et la confiance nourrit le désir d’avenir.

Cette révolution démocratique indispensable pour mener des réformes durables et pour atteindre les quelques objectifs dont je vous ai parlé, conduira-t-elle à une 6ème République ? Je vous propose d’y répondre en nous fondant sur ce principe de respect et sur cette politique par la preuve que j’ai évoqués tout à l’heure : faisons d’abord les choses et nommons-les ensuite. Quand nous aurons accompli cette révolution démocratique et cette réforme institutionnelle, lorsque nous aurons tenu parole, alors nous saurons si nous sommes en train de créer une 6ème République. Je vous donne rendez-vous à ce moment-là pour savoir si nous avons réussi, car ce qui est important c’est une conception exigeante de la responsabilité de la fonction politique. Et aussi une manière plus transparente, plus simple, plus directe, d’exercer le pouvoir.

Le rôle d’un chef de l’Etat bien entouré, c’est de fixer un cap et de veiller à ce qu’il soit tenu. J’entends dire, çà et là, qu’il faudrait pour diriger la France une expérience que très peu possèderaient ici-bas. Il est vrai que l’expérience personnelle est importante mais elle ne suffit pas car ce qui compte, aujourd’hui plus qu’hier, c’est la capacité à mobiliser l’expérience collective, à mobiliser toutes les volontés et tous les talents d’un pays qui puise sa force dans sa diversité, à mobiliser, au delà, tous ceux qui veulent tout simplement que ça change.

Nous verrons bien ce que seront les prochaines échéances.
Nous respecterons les calendriers.
Mais à vous voir si nombreux rassemblés, je me sens la possibilité de vous dire certaines choses.

Si je suis en situation, je vous fais la promesse que la valeur travail sera reconstruite et avec elle, car tout se tient, la famille consolidée et l’égalité éducative mieux assurée à l’école.

Si je suis en situation, nous pourrons dire à tous les enfants de ce pays qu’il faut travailler dur car l’effort sera récompensé et le pacte social assuré. Aujourd’hui, c’est le pacte social qui est rompu quand un jeune, notamment dans les quartiers populaires, se retrouve au chômage malgré ses efforts scolaires et ses diplômes. C’est le pacte social qui est rompu quand on essaye d’imposer à toute une génération le CPE et son droit de licencier sans motif pendant deux ans. C’est le pacte social qui est rompu quand les filles sont embauchées, à diplôme égal, à un salaire inférieur à celui des garçons. Si je suis en situation, nous tiendrons la promesse d’un pacte social qui est la condition de la crédibilité de la parole politique et, plus largement, de la fiabilité de la parole des adultes à l’égard des jeunes générations.

Si je suis en situation, la France deviendra le pays de l’excellence environnementale en entraînant toute l’Europe et, en 2008, nous pourrons être fiers du bilan de la présidence française.

Si je suis en situation, la France aura une parole qui porte dans le monde parce que notre pays assumera de manière exemplaire ses devoirs envers les pays pauvres. La crédibilité de notre parole sera restaurée car nos actes correspondront enfin à nos discours, ce qui nous permettra en particulier de traiter efficacement et dignement les problèmes des migrations internationales.

Si je suis en situation, je dis à tous les jeunes de notre pays, et en particulier à ceux auxquels la société ferme aujourd’hui ses portes, que demain la France leur ouvrira ses bras car elle a besoin d’eux et de toutes les forces de sa jeunesse. Je leur dis aussi que toutes les formes de talents seront reconnues.

Si je suis en situation, les femmes sauront que leur temps est venu. Pour des raisons d’égalité et de justice mais aussi, j’en suis convaincue, pour le plus grand bonheur des hommes qui sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à s’en rendre compte.

Oui, nous avons envie de voir en 2007 la France se relever et concrétiser ce désir de changement et d’avenir que nous voyons monter dans le pays comme ici à Frangy.

Gagner puis faire réussir la France, c’est un devoir, c’est même une obligation morale. Pas pour nous mais pour elle. Parce que notre pays ne résistera pas longtemps à la spirale descendante et à la brutalité sociale dans lesquelles la droite l’entraîne depuis bientôt cinq ans.

Notre responsabilité est aussi de tirer la campagne électorale vers le haut, de poser les vrais problèmes, de mener les vrais débats et de respecter les électeurs pour mériter leur confiance. Cette confiance, cette victoire, nous devons patiemment les construire car rien n’est gagné d’avance. La bataille sera rude mais exaltante. Je lance ici à Frangy un appel au rassemblement de toutes celles et tous ceux qui veulent que ça change enfin et que la France se redresse.

Avec vous, j’ai confiance.



Sources : http://www.desirsdavenir.org

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20 Août 2006 : Discours de la Fête de la Rose de Frangy
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