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 09 Mai 2006 : Discours de Ségolène Royal à Villeurbanne

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MessageSujet: 09 Mai 2006 : Discours de Ségolène Royal à Villeurbanne   Dim 8 Oct - 9:41

Discours de Ségolène Royal à Villeurbanne

"C’est pourquoi en ce moment je suis dans une phase d’écoute"

Bonjour à tous et à toutes, merci à Christiane et à Jean-Paul de leur accueil, merci à mon tour à tous les élus ici présents, Jean Jacques, mon collègue président de région, Gérard Colomb qui m’ont si gentiment accueilli tout à l’heure dans sa mairie, Martine Braud, députée européenne, Nathalie, parlementaire aussi, Gilbert, et puis aussi, Isabelle Geoffroy, qui a monté le comité Désir d’avenir que nous avons rencontré tout à l’heure, et puis tous les élus, Raymond Perrachier, Pascal, René Lambert et tout ceux qui sont là. Mais vous aussi citoyens et citoyennes du Rhône. Laissez-moi vous dire combien je suis touchée par votre accueil, par votre présence nombreuse, je n’ai pas préparé un discours structuré, et ne vais pas vous délivrer des formules. Je ne vais pas vous asséner de certitudes, parce qu’on pourrait croire que je suis en campagne électorale (rires et applaudissements). Et comme j’ai le souci de ne pas brûler les étapes. La route est longue mais en même temps je vois bien tout ce qui se passe. Je sens ce mouvement, j’en suis heureuse. Je vois les sondages et en même temps j’apprécie l’ensemble des ralliements, des soutiens, des engagements que l’on vient d’entendre, la présence des élus, parce que je crois que c’est une reconnaissance aussi d’une forme de sérieux. Et puis votre présence à vous tous, tout à l’heure à et puis ce matin avec les lecteurs du Progrès, puis avec le comité Désir d’avenir, cette après-midi avec les scientifiques du pôle de compétitivité, que j’ai envie de vous dire au terme d’une journée aussi passionnante que celle-ci. C’est que la France est belle, qu’elle est belle dans sa diversité, qu’elle est belle dans son authenticité, qu’elle est belle dans ses talents, dans son potentiel, dans cette recherche que l’on a vue, cette recherche de pointe. Vous le voyez d’ailleurs, de jeunes Français issus de l’immigration qui sont des chercheurs de très haut niveau. Je le disais, je le disais à Jean-Jacques, mais pourquoi on ne les voit pas ces jeunes ? Pourquoi on ne leur donne pas plus une visibilité de ces jeunes, qui portent le nom des jeunes venus d’ailleurs et qui sont ici les produits et de l’exemple extraordinaire de la réussite de l’école républicaine. C’est tout cela que j’ai vu aujourd’hui.

Mais je ne veux pas griller les étapes comme je le disais à l’instant. Chaque chose viendra en son temps. C’est pourquoi en ce moment je suis dans une phase d’écoute. Alors j’entends certains qui ricanaient en disant mais : « elle écoute mais elle ne pensent rien ! Elle écoute et elle n’a rien à dire. Elle écoute, ah beh oui, elle a pas d’idées, elle a pas de projet ». Mais je crois que gouverner et diriger des territoires comme les nôtres et puis peut-être demain, un pays comme le nôtre. C’est prendre en compte que imaginer la France de demain ne va plus de soi. Qu’un certain nombre de réflexes ou de formules sont dépassés. Plonger dans la complexité des choses pour bien les appréhender, pour bien comprendre ce qui se passe, pour faire les diagnostics judicieux des problèmes qui se posent, il faut prendre le temps d’écouter pour agir juste. Non pas écouter parce qu’elle a pas d’idées, mais écouter parce que chacun d’entre nous, chacun d’entre vous, chaque citoyen là ou il est, dans sa famille, dans son quartier, dans son milieu de travail, dans son association, dans ses loisirs, est un expert légitime de la mutation de la France. Il n’y a pas d’un côté ceux qui savent et qui prétendent savoir tout. En général quand ils disent cela, prudence. Personne ne peut tout savoir aujourd’hui dans la complexité des choses. Et donc je considère et c’est une idée qui me guide, qui m’inspire, qui m’oblige, qui me fait venir vers vous, je considère que chaque citoyen possède une parcelle de vérité. Parce qu’il vit un certain nombre de choses, parce qu’il vit un certain nombre de problèmes, parce qu’il a des projets, parce qu’il a des espoirs, parce qu’il s’interroge sur ce que vont devenir ses enfants, parce qu’il s’interroge sur ce que va devenir ses parents qui vieillissent, parce qu’il s’interroge sur l’environnement, sur le cadre de vie que nous allons laisser aux générations futures, parce qu’il se demande pourquoi le monde dans lequel nous vivons n’est pas plus juste et que nous aurions intérêt à une répartition plus juste des richesses, parce que indirectement ces problèmes là pèseront moins sur les économies, et nourriraient moins la peur de l’immigration clandestine. Et donc les citoyens qui s’interrogent, ils ont une part de vérité. Et dans un monde confronté à la compétition internationale, l’Europe est confrontée à la Chine qui émerge, confrontée à l’Inde qui émergent, avec un potentiel considérable dans les laboratoires dans les laboratoire de recherche, confrontée depuis longtemps depuis longtemps à la force économique des Etats-Unis. Alors qu’est-ce qu’il nous reste en Europe ? Il nous reste le fait de produire de l’intelligence. Mais comment est-ce qu’on produit de l’intelligence ? Et Bien, donner de l’intelligence à tous les niveaux de l’activité ou de la vie humaine. Au niveau d’une famille, au niveau d’un quartier quand des gens commence à se parler, à réfléchir comment il pourrait vivre au mieux, au niveau d’une l’entreprise lorsque le dialogue social est plus intelligent, et qu’on se rend compte que la qualité du dialogue social est aussi un formidable outil de développement économique, et que l’un ne va pas sans l’autre. Dans les pôles de compétitivité, quand on se parle et que l’on fait se rencontrer des chercheurs, des étudiants, des industriels, des consommateurs, des collectivités locales, à ce moment là on produit de l’intelligence parce que les gens échangent entre eux à la fois des savoir-faire, des compétences, un regard sur le monde. Et donc ce à quoi je vous invite dans cette phase pour inventer ensemble l’avenir, donc pour conquérir un désir d’avenir et bien, c’est de créer partout de l’intelligence, par la façon dont on se parle, par la façon dont on se respecte, et par la façon dont on se fait confiance. Et c’est pourquoi, avant de se lancer dans un programme, j’y reviens : « elle a pas de programme ». Mais avant de se lancer dans un programme, il faut savoir au nom de quoi on bouge, au nom de quoi on se met en mouvement avec de l’énergie, sur la base de quelle valeur on propose un certain nombre de choses. Et c’est ça que j’ai envie de vous dire aujourd’hui, qu’est-ce que c’est que la politique, un moment, parce que je suis obligée de prendre du recul quand je vois ces sondages mirobolants et quand je vous vois aussi nombreux. Je m’interroge un peu comme Michèle Bachelet, que je suis partie soutenir au Chili, et nous étions dans la voiture, elle me disait : « quand je vois ces foules qui se déplacent, je me dis, est-ce que je vais être à la hauteur ? Est-ce que je vais pouvoir incarner cette espérance ? Est-ce que je vais pouvoir répondre à toutes ces attentes ? » Donc c’est exactement la posture dans laquelle je suis aujourd’hui en vous voyant aussi nombreux. Et donc ce que j’ai envie de faire tout simplement, c’est de partager avec vous un moment de réflexion sur qu’est-ce que c’est que finalement l’action politique ? Et pourquoi je considère que les citoyens ont plus que leur mot à dire dans ce que j’appelle la démocratie participative, dans la façon dont on conçoit un projet et dans le regard que l’on porte sur l’avenir par rapport à ce que l’on veut imaginer et laisser aux générations qui viennent ? Et c’est pourquoi je considère, en effet, aujourd’hui, par rapport au spectacle auquel nous assistons et sur lequel je ne m’étendrais pas parce qu’à force de commenter ce qui est, quand on observe seulement ce qui est désolant, ??? ne se tire vers le bas, et moi, je considère que la politique c’est d’abord se tirer collectivement vers le haut. Et c’est ça que je vous propose, c’est de redonner du panache à la responsabilité politique, c’est d’être à la hauteur des citoyens, c’est de ne jamais décevoir, ne jamais se laisser aller dans la facilité, dans la formule, dans la vulgarité, dans le dénigrement. Moi j’en entends beaucoup des vertes et des pas mûrs . Et bien je m’interdit d’y répondre et j’interdit à ceux qui m’entourent d’y répondre parce que je pense que c’est très vite fait de se tirer vers le bas et de se dégrader. Et qu’il est toujours ??? l’attaque, d’abord au sein du même camp, ce qui démobilise en général ??? d’un camp à l’autre, à quoi cela sert-il ? Si on a un jour l’ambition de tirer la France vers le haut, commençons par donner l’exemple y compris sur le comportement individuel. Et vous aussi individuellement si vous avez envie que la France se retire vers le haut, parce que vous aurez tous à dire et à faire quelque chose dans une remise en mouvement du pays, dans la façon dont on va débloquer la machine économique pour qu’elle crée à nouveau de l’emploi et de la richesse, dans la façon dont on va se faire confiance aux uns et aux autres pour que tout le monde puisse participer à se mouvement. Et bien moi je pense que ça commence par des comportements individuels éthiques. Economisons donc nos critiques, nos dénigrements, nos observations sur le physique d’un tel ou un tel, nos petites histoires sur la vie privée des gens. Et si l’on fait l’économie de cette énergie perdue, alors, en effet, je pense que collectivement la vie sera ???. Nous participerons plus collectivement à ce que je vous appelle à faire, à ce devoir d’imagination, à ce devoir d’invention pour remettre la France en mouvement (applaudissements).

Alors qu’est-ce que c’est que la politique ? Je viens de dire, la politique, c’est d’abord des valeurs. Moi, ce soir, j’en vois au moins trois, je les ai déjà un petit peu évoquées, la valeur de confiance. Quand on dit : « on a pas les compétences etcetera » mais personne n’a toutes les compétences, je vous l’ai dis ce qui compte c’est la confiance dans la parole qui est donnée. C’est-à-dire dire juste avec des mots justes ce que l’on a l’intention de faire, ce que l’on a observé, la façon dont on identifie les problèmes. C’est pour ça que j’ai créé un site : Désir d’avenir et que tout ceux qui n’ont pas accès à Internet peuvent le faire maintenant dans la société dans laquelle nous vivons, dans les associations etcetera. Parce que là aussi je crois que c’est un mouvement très important que de faire en sorte que nous puissions surmonter cette fracture numérique et de parler tous ensemble. C’est extraordinaire ! Plus de 10 000 personnes viennent se parler les unes et les autres sur des sujets de fonds de la société française, c’est-à-dire en faisant des diagnostics sur tout ce qui se passe sur la crise démocratique, pourquoi y’a de la violence à l’école, comment fait-on par rapport à la précarité, qu’est-ce que c’est que les problèmes urgents dans le domaine de l’environnement, c’est ça la confiance. Ensuite y’a la question du respect. Moi je pense qu’on devrait mettre du respect partout, y compris dans la dimension internationale et je pense que dans les traditions de la France, très souvent regardée à l’étranger comme une nation arrogante, je pense que ça nous a fait perdre beaucoup de points sur le plan internationale, beaucoup de marchés sur le plan économique, beaucoup d’enjeux.
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MessageSujet: Re: 09 Mai 2006 : Discours de Ségolène Royal à Villeurbanne   Dim 8 Oct - 9:42

Je pense aux jeux olympiques par exemple et j’ai été impliquée puisqu’à La Rochelle, nous devions organiser les compétitions des voiles. Et donc je crois qu’en remettant du respect partout dans toutes les strates de la société et dans toutes les formes de la nation humaine, ??? des jeunes par rapport à leur enseignant, l’arrogance dans les entreprises de certains chef, c’est vrai dans la rue, c’est vrai au volant, c’est vrai partout, mais si y’avait un peu moins d’arrogance et un peu plus de respect, et bien je pense que nous pourrions construire des sociétés qui ont plus confiance dans leur avenir. La troisième valeur qui me semble très importante, surtout par rapport au discours que l’on entend, c’est la droite qui aurait soi-disant le monopole de l’ordre. C’est la nécessité de créer ce que j’appelle un « ordre juste » et ??? durable. Parce que qu’est-ce que c’est que le désordre si ce n’est l’injustice ? Pourquoi un certain nombre de réformes ne sont-elles pas acceptées ? Et pourquoi y’a t-il eu une réaction, et c’est une bonne chose, contre l’installation de la précarité ? Parce que la précarité c’est le désordre. Et moi je ne crois pas du tout ce que l’on entend à savoir que les Français n’accepterais pas du tout les réformes, c’est faux les Français sont prêt à accepter des réformes. Ils sentent bien qu’il faut que le pays bouge si l’on veut que nos enfants, nos petits-enfants trouvent un emploi. Ils sentent bien qu’il y a des urgences à résoudre dans bien des secteurs sur l’éducation, sur l’environnement par exemple. Ils sont prêt à faire des réformes. Mais leur exigence, et c’est un exigence indispensable et heureusement qu’elle est là cette exigence. C’est d’abord que les efforts soient équitablement répartis, que ce ne soient pas toujours les mêmes qui gagnent dans une réforme et toujours les mêmes qui trinquent dans une réforme. C’est de comprendre aussi le sens des choses et le sens des valeurs. Et la précarité que nous a proposée la droite c’est le désordre. Pourquoi c’est la désordre ? Parce que la précarité, c’est l’insécurité et la précarité dans le travail diffuse l’insécurité partout. Elle diffuse la précarité dans la famille parce qu’un salarié en situation de précarité perd sa dignité de parent face à ses enfants lorsqu’il perd son travail, donc des enfants qui ne font pas bien leur métier d’élève puisque quand des diplômés sont au chômage comment voulez-vous donner le sens de l’effort et du travail bien fait au plus jeunes en leur disant de travailler puisqu’ils auront un emploi un fois si ils sont diplômés ? Et donc la question du chômage des jeunes est, en effet, une question qui ronge la société française et le chômage des jeunes des jeunes est un désordre. Et donc dans cette exigence de remettre de l’ordre juste, ça veut dire qu’il faut remettre des règles, les mêmes, qui s’appliquent à tous, à ceux d’en haut comme à ceux d’en bas et que les discours sans l’exemple, ça ne sert à rien, et que l’exemple du désordre politique et du désordre démocratique qui est actuellement donné au plus haut sommet de l’Etat est un contre exemple éducatif. Car quand on utilise les rouages de l’Etat pour régler ses comptes les uns avec les autres, à ce moment là on istrumentalise une partie de la République, une partie de la Nation en le détournant de son véritable objectif et ça aussi c’est le désordre. Et donc l’exigence politique, pour la gauche c’est de remettre un ordre juste partout. On pourrait prendre un exemple, plein d’autres exemple en particulier dans le domaine de l’environnement. Donc la politique, c’est des valeurs. La politique c’est ensuite des actions efficaces. Ca je crois qu’il y a une grande exigence des citoyens sur l’efficacité de l’action. Alors on pourrait travailler beaucoup sur cette question de l’efficacité. Qu’est-ce que c’est qu’être efficace aujourd’hui ? D’abord moi je crois, écouter pour agir juste c’est la base de l’efficacité. On l’a vu dans les échecs des différentes réformes. C’est de reconnaître, je l’ai dis mais je le répète, parce que ça fait partie de l’efficacité, de reconnaître la capacité d’expertise des citoyens. C’est de répondre aussi à la volonté de participation des citoyens. Et moi je crois qu’il y a un lien très direct entre la qualité du fonctionnement démocratique d’un pays et l’efficacité de l’action politique, que les citoyens sont arrivés depuis longtemps à maturité et qu’ils ont envie de participer au décisions qui les concernent. Et je croiq u’il faudra mettre de la démocratie participative partout, que ce soit des referendum d’initiative populaire, que ce soit les systèmes des jury de citoyens qui fonctionnement dans d’autres pays d’Europe ou en Amérique latine, que ce soit le budget participatif qu’il faudra je crois créer dans notre pays, c’est-à-dire, faire voter les citoyens sur une partie de l’utilisation de leurs impôts parce que je crois qu’il y a une gros doute sur l’efficacité de dépense publique. On le sait puisque que le pouvoir d’achat diminue, la hausse du prix de l’énergie aussi, donc les gens sont pressurés de tous les côtés et donc paiement de l’impôt est un acte que l’on dit citoyen et justement sur lequel parfois il y a un gros doute sur l’utilisation de la dépense publique. Alors je pense qu’il faudra franchir cette étape très importante et faire voter un partie de la dépense des budgets locaux, des budgets régionaux, des budgets municipaux, des budgets départementaux, sur des termes qui seront à dé, qui seront à définir par les élus car je pense qu’il n’y a pas d’opposition entre cette démocratie participative et les citoyens pleine, prennent pleinement l’utilisation de leur citoyenneté et la démocratie représentative celle de la responsabilité des élus. Au contraire, je pense que nous exerçons encore mieux la responsabilité d’élus si on est capable de déléguer aux citoyens une partie des responsabilités. Alors parfois ça fait peur, on se dit mais quand même les citoyens y viennent que pour vous consulter, dans nos permanences, ou pour manifester ou pour demander des trains sans vouloir de gare, ou pour des problèmes d’environnement, ou alors des déchets sans vouloir de lieux d’élimination des déchets, on entend tous cela. Et puis on entend aussi des élus dire, ça suffit, on se présente tous les 5 ans, tous les 6 ans, ben si ils sont pas contents, ils nous changent. Mais je pense que cette époque la est révolue. Moi je crois que si on veut revivifier la démocratie, si on veut redonner au gens l’envie de venir voter, si on veut faire en sorte d’être plus intelligent collectivement, je l’ai dis tout à l’heure, alors la démocratie participative est un éléments très important, une meilleure façon pour les élus de redonner confiance aux citoyens. Et dans cette perspective, il faudra faire un peu plus, je vais utiliser un mot qui est totalement usé, galvaudé, et pourtant pour l’instant je n’en vois pas d’autre, mais il faudra faire une réforme jusqu’au bout de la décentralisation. Jusqu’au bout, c’est-à-dire donner la responsabilité des territoires, et ça, ça a un sens. C’est-à-dire l’objectif ce n’est pas renforcer le pouvoir des notables, que nous sommes, j’en suis, je suis une présidente de région. Ca ne veut pas dire de renforcer les pouvoirs des notables, c’est de rapprocher les décisions des citoyens. Et on peut renforcer le pouvoir des élus locaux, comment ? En mettant en place ce que je disais tout à l’heure, c’est-à-dire la démocratie participative, parce qu’à ce moment là le pouvoir de décision est plus proche des citoyens, non seulement il sera sous contrôle des citoyens mais il sera aussi exercé pour eux, avec eux, avec des comptes à rendre régulièrement, avec l’idée qu’1 euro dépensé est un euro utile, avec des choix sur les allocations des ressources, parce que dans un contexte ou l’argent public est rare, il faut bien réfléchir à la façon dont on le dépense par rapport aux besoins des citoyens. Et moi je suis frappé de voir par les budgets participatifs que j’ai mis en place dans les lycées, parce qu’on fait voter, c’est un début d’expérience, on fait voté les élèves, les parents d’élèves, les équipes éducatives, et même personnels administratifs qui parfois d’ailleurs ont d’excellentes idées sur les dépenses à faire dans les lycées, qui voient les arnaques qui sont faites sur les différents marchés publics, et on les fait voter. Au départ on nous a dit mais chacun va demander son petit intérêt, son petit projet dans un coin, mais pas du tout. Quand on veut parler d’intelligence collective, à ce moment là, on est très surpris de voir comment dans un groupe humain dès qu’une délibération commence sur la dépense publique, au départ chacun demande son petit projet, les voix s’élèvent, et puis petit à petit, dans la compréhension que l’on a, du regard que porte l’autre sur la libération de problèmes qui peuvent exister comme, dans un lycée qui est une communauté éducative importante parfois 1000, 2000 personnes et bien on se rend compte que l’intelligence collective fait dépenser plus judicieusement. Et bien des dépenses qu’on avait prévues et auquel on a renoncé, d’autres dépenses au contraire dans lesquelles on a investi. Et qu’est-ce qu’ils nous ont dit les jeunes, des choses qui peuvent nous paraître évidentes sauf que dans la logique ou dans la routine administrative des appels d’offres et des marchés, c’était pas forcément quelque chose auquel on renonçait facilement. Mais ils nous ont dit, écoutez, on préfère des lycées avec, si la façade est ??? et délabrée c’est pas grave, mais en revanche, donnez-nous un vrai lycée équipé, donnez-nous un animateur culturel pour faire du théâtre, pour faire de la musique, parce que ça fait parti de la réussite scolaire et de la lutte contre les inégalités par la culture, donnez-nous des laboratoires de langues parce qu’on veut là aussi accéder à cette égalité de la maîtrise, donnez-nous des ordinateurs et pourquoi pas des ordinateurs portables pour qu’on puisse associer aussi les familles à la maîtrise de l’outil informatique. C’est ça qu’on a entendu. Alors on le sentait implicitement, on savait bien que c’était ça, parce que nous-même on côtoie les jeunes. Mais pour tordre le bras à une décision administrative qui est déjà dans les tuyaux, puis les appels d’offre, puis lycée par lycée, et les architectes ???, et les travaux du haut en bas, de bas en haut, sans forcément que ça corresponde aux besoins des usagers. Mais la décision publique, elle est totalement différente, alors c’est de l’énergie, faut faire des réunion, des remises en cause, ça bouscule aussi les services administratifs qui sont obligés de penser et de réfléchir autrement. Mais au bout du compte on est quand content quand les lycéens rentrent dans leur lycée, et disent : « ben vous voyez, cet ??? là c’est nous qui l’avons fait voter, c’est grâce à nous qu’il existe ». Ou quand du coup on a à recruter des animateurs culturels et que maintenant dans tous les lycées, y’a des groupes de musique ou des scènes de théâtre, et que les élèves disent : « beh, ça nous a appris à nous exprimer et à maîtriser de notre expression » et donc ça fait parti aussi de notre réussite scolaire. Alors on est content, ça ne réussit pas partout. Mais on se dit que c’est formidable, des délibérations collectives qui permet au citoyens de se saisir de ce qui les regardent et de ce qui les concernent. C’est ça la politique, c’est de rendre aux citoyens les pouvoirs de décider de ce qui les regarde et de ce qui les concerne (applaudissements).
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MessageSujet: Re: 09 Mai 2006 : Discours de Ségolène Royal à Villeurbanne   Dim 8 Oct - 9:42


Moi, je crois que l’on peut débloquer le système et que l’on peut remettre la machine en marche sur tous les plans et au premier rang desquels la machine économique, et la croissance par la confiance, et d’abord par la confiance. Parce que vous savez finalement on peut faire de la politique sans les gens, ça existe, dans la routine, les habitudes, les apparences, les attributs du pouvoir, les emplois du temps qui se succèdent comme ça, on se laisse ballotter, y’a un système qui peut tenir tout seul. Mais je pense que si ce système politique continue comme ça à tenir tout seul, c’est un système politique qui est mort, qui est à bout de souffle et qui finira par s’écrouler. Alors la politique ça consiste toujours à se remettre en cause, à savoir pourquoi on est là, pourquoi cette énergie, pourquoi cet engagement, et c’est ça bâtir un désir d’avenir, c’est-à-dire donner des raisons de tenir debout ensemble. De s’interroger sur ce qui fait France, de pourquoi on appartient à la même nation et donc d’avancer ensemble avec nos différences et avec la multiplicité de nos talents en ayant toujours la conviction que nos idées sont plus grande et plus fortes que nous et donc que si on les porte, on arrivera nous aussi à ce grandir. C’est ça Désir d’avenir. C’est ça les comités Désir d’avenir. C’est inventer ensemble et remettre la France à l’endroit. Remettre la France à l’endroit dans bien des domaines, il y en a qui me tiennent particulièrement à cœur, vous le savez, et en particulier l’éducation, vous aussi, quand on écoute les gens qu’est-ce qu’ils nous disent ? Qu’est-ce qu’ils nous disent les gens ? Ils nous disent où est-ce qu’elle est la principale inégalité, dans l’éducation. Il y a les familles qui peuvent faire aider leurs enfants, et ceux qui ne peuvent pas, et des parents qui eux-mêmes n’ont pas réussi à l’école, et n’arrivent plus parfois à aider les enfants à partir de la classe de 6ème et donc ils sont démunis. Le matin, l’enfant se fait disputer mais à la maison il n’a pas eu les moyens. Heureusement il y a beaucoup d’associations qui se mettent en place mais moi je considère que la vraie révolution scolaire c’est de faire en sorte que tous les enfants qui en ont besoin ait du soutien scolaire gratuit pour arrivée le matin en ayant fait ses devoirs et ses leçons. C’est ça la révolution scolaire. Et moi je considère que la vraie révolution c’est de faire en sorte que les enseignants soient plus longtemps présents dans les collèges, plus longtemps, qu’ils ne repartent pas après avoir fait leur cours. Parce qu’on voit dans ce système aberrant où on a maintenant des entreprises privées de soutien scolaire qui sont côtés en bourse et se sont des enseignants du secteur public qui vont dans ses entreprises privées. Alors pourquoi ne donneraient-ils pas des cours de soutien aux élèves dont ils ont la charge dans l’école de la République, et ils trouvent du temps pour donner des cours privés, payant dans des entreprises privées, et c’est ça qu’il faut changer dans le système scolaire (applaudissements). Il faudra réhabilité le rôle de l’enseignant dans la société parce que l’un ne va pas sans l’autre, et c’est vrai que dans la hiérarchie des valeurs, je pense que les enseignants ne sont plus suffisamment considérés et donc les deux se tiennent. C’est-à-dire quand on aura remis l’enseignant au sein du dispositif et qu’on lui dira : « beh oui, faut peut-être rester 35 heures au sein du collège ». C’est-à-dire, il y a le cours, ensuite le dialogue avec l’élève, il y a la corrections des copies, il y a le soutien scolaire, et bien vous êtes constamment auprès des élèves, parce que dont les élèves souffrent, l’échec scolaire il vient d’où ? Il vient de l’insuffisante présence des adultes référents dans les écoles qui se sont encore plus aggravé avec la suppression des aides-éducateurs. Et donc tous ce travail là, il fera remettre l’école débout parce que l’école de la République, c’est ce à quoi nous tenons le plus. Et que si un enfant est correctement élevé dans sa famille avec le soutien aux parents, et non pas les mesures punitives de suppression des allocations familiales mais le conditionnement du versement des allocations familiales peut-être à la prise de responsabilité des parents. Si on a pas été correctement éduqué dans sa famille, si on dit qu’elle doit être aidé quand elle décroche ou quand elle a des difficultés. Si il est correctement éduqué à l’école, si il sort du système scolaire en maîtrisant les outils de base, à ce moment là vous imaginez les coûts sociaux que l’on peut diminuer, vous imaginez les avantages en terme de qualité de vie, de soucis en moins, de progression de la société française, donc ces priorités là elles sont au cœur du projet socialiste, et du projet tout court parce que je pense que sur un certain nombre de valeurs beaucoup de citoyens et de citoyennes peuvent se retrouver au-delà des clivages politiques.

Et sur la question de l’environnement. Là aussi, il faudra changer de dimension, changer de société, quel retard. On le voyez, tout à l’heure avec Jean-Jacques Queyranne dans votre pôle de compétitivité, ou on met au point des prototype à partir de l’énergie solaire pour obtenir la purification de l’eau. Vous imaginez si les pays riches avaient depuis longtemps mis au point les technologies concernant l’énergie solaire pour développer l’Afrique par exemple. Mais qu’est-ce que c’est que ces pays qui ont développés leur modes de développement à partir des énergies fossiles dans un monde où l’énergie devient si chère, comment se fait-il que l’on soit si en retard sur les énergies renouvelables ? Mais c’est choquant sur le plan même de la conception de l’humanité, comment se fait-il qu’alors que l’énergie est gratuite dans les pays pauvres, les pays les plus chaud, il n’y ait même pas d’induction d’eau ????? considérable que nous pourrions amener grâce à ses nouvelles technologies et en France aussi, il faudra franchir, j’allais dire le mur du son, dans le domaine de l’environnement parce que partout les problèmes sont posées. Et l’après-pétrole dans 20 ans, c’est demain dans 20 ans. C’est maintenant qu’il faut le préparer avec les énergies renouvelables, avec les économies d’énergies, avec la protection de l’environnement. Parce que c’est très bien si à la question de la santé publique, on sait aujourd’hui, une femme sur dix est touchée par le cancer du sein, une femme sur dix, et on sait que ce sont d’abord des facteurs environnementaux qui provoquent ces cancers, c’est-à-dire les insecticides, les pesticides, la pollution de l’air. Et on resterait comme ça les bras ballants, mais moi je crois que cette mutation énorme qu’il va falloir faire dans le domaine environnemental, c’est une formidable chance, c’est une chance. On le voit dans la pôle de compétitivité ici en Rhône-Alpes qui est d’ailleurs associé au pôle des éco-industries en Poitou-Charentes parce que c’est un formidable potentiel de recherche, d’innovation, de mutation, de matériaux nouveaux, songer qu’avec l’après-pétrole le plastique va devenir une denrée de luxe, un produit de luxe, on le sait maintenant, donc il faut inventer des nouveaux matériaux. Et donc c’est un défi extraordinaire et là aussi il va falloir penser avec les citoyens et de nouveaux comportements. Car très souvent, les citoyens ils sont là aussi en avance sur les décideurs et les dirigeants, et si les énergies renouvelables étaient moins chères, si les récupérateurs d’eaux pluviales étaient moins chers, et bien, ça fait belle lurette que les citoyens se seraient tous équipés. Et quand on voit que pour certaines familles les dépenses d’énergie c’est parfois deux ??? loyer, on joint l’utile à l’agréable puisque que l’énergie est gratuite. Alors cette société de l’environnement qu’il va falloir inventer et bien c’est un formidable défi que nous réussirons à relever. De toutes le façons d’ailleurs, par la fiscalité, par l’encouragement à la recherche, par les comportements individuels, par les marchés publics. Il y a plein de levier que l’on peut utiliser et bien ce défi là aussi nous le relèverons parce que ça correspond aussi à une aspiration très profonde des citoyens à laquelle nous devons répondre. Et enfin il y aurait beaucoup aussi à dire sur le chômage dans une société, il n’y a pas de fatalité……..




Sources : http://www.desirsdavenir.org

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